L’abbatiale de Bellelay, un joyau baroque dans un écrin de verdure… De là rayonnent la création visuelle contemporaine, des musiques envoûtantes et les vibrations de ses orgues prestigieuses : dans toutes nos activités, notre mission est d’offrir au public des moments d’excellence.

Située sur un axe routier important franchissant la chaîne jurassienne, l’abbaye de Bellelay a été fondée vers 1140 par des pères de l’ordre de Prémontré. Elle était une fille de l’abbaye du Lac de Joux, d’où sont venus les premiers religieux.

Une importante abbaye

 

En 1142 déjà, le pape lui confirme des possessions importantes, allant de l’Ajoie au lac de Bienne. En 1414, il confère à l’abbé de Bellelay le droit de porter l’anneau, la mitre et la crosse, lui donnant ainsi le rang d’évêque.

Les bâtiments connurent divers aléas et furent entièrement reconstruits au 18ème siècle. La nouvelle église abbatiale fut érigée sous l’abbé Jean-Georges Voirol, selon les plans de l’architecte autrichien Franz Beer. Quant aux bâtiments conventuels, ils datent de 1736. Les bâtiments annexes sont plus tardifs, hormis l’hôtel de l’Ours, qui est antérieur (1698).

Les revenus de l’abbaye provenaient de ses possessions en terres arables et en vignobles, mais aussi de la dîme, cet impôt ecclésiastique dû à Bellelay par quelques paroisses. Après la Réformation, les paroisses devenues protestantes durent continuer de s’en acquitter.

Disparition et renaissance

En décembre 1797, les troupes révolutionnaires du général Gouvion-St-Cyr pénètrent dans le sud de l’Evêché de Bâle, pour envahir la Suisse dans les mois qui suivent. Les lois de la République s’appliquent et les couvents sont supprimés. Bellelay n’échappe pas à la règle. L’église est désacralisée et les possessions de l’abbaye sont vendues comme bien nationaux. Le mobilier religieux est dispersé dans les paroisses environnantes. Comme partout en France, c’est la classe bourgeoise qui devient propriétaire des terres et des bâtiments mis à l’encan. Quant aux dîmes, la Révolution les avait abolies d’emblée.

Bellelay est alors une coquille vide. Diverses entreprises y voient le jour: brasserie, verrerie, horlogerie… A la fin du 19e siècle, l’État y installe une clinique psychiatrique. L’église, quant à elle, sert de hangar et se dégrade. Sa rénovation, à la fin des années 1950, résulte d’une prise de conscience dans tout le Jura bernois d’alors. L’ancienne église de Bellelay devient un des hauts-lieux de la culture. Depuis 2020, la fondation qui la gère vise à l’excellence dans les domaines de la musique, les années paires, et des arts visuels, les années impaires. La reconstruction récente de ses orgues anciennes assure à ce lieu un rayonnement particulier.